S'imprégner des autres, de leur soit-disante humanité, jusqu'à n'en plus pouvoir. Résister ainsi, faire comme si de rien n'était, comme si tout pouvais disparaître du jour au lendemain. Petit à petit, on lâche prise, à quoi bon s'écorcher les mains sur des parois savonneuses, puisque tôt ou tard, nous n'en aurons plus la force. Attrait du vide, le gouffre, là où tout reprend ses droits. Comme au crépuscule d'une vie, l'aboutissement d'un combat improbable. Inextricable, sentiment de non-sens absolu, irréalité probante. Parcelle d'un soi tel que nous voulons le définir. Mensonge et trahison. Scarification de l'être. Être ou ne plus être ? Torture de l'esprit. Flouée, des pieds à l'âme. De la tête au coeur. De l'intuition à la certitude. Un pas. Un unique pas. Afin de clore le chapitre d'un paraître incongru. A l'agonie de cette chose que l'on nomme vie. Être, ou s'éteindre. Voir, et courir. A la manière d'un Jules Renard "Le bonheur, c'est de le chercher". Quête. Vide. Soif. Paix. Haine. Inhibition. Amour. Neutralité. Mort. Puisqu'une existence, au final, ce n'est qu'un assemblage de mots. De propositions et d'idées reçues. De morceaux de papiers chiffonnés, sous le linceul d'une vie gâchée.
"Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie. Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot." Arthur Rimbaud.